Le projet était tiré d'un vieux story-board de Miyazaki, calepin qui datait de quinze ans et duquel il aurait tiré la plupart des idées pour la réalisation de ses films. A la base de ce conte, une légende, celle de "La Belle et la Bête". La version japonaise diffère et narre l'histoire d'un samouraï qui, surpris par la tempête, trouve refuge dans une caverne. Mal lui en prend, celle-ci se révèle être l'antre d'un monstre légendaire féroce et bestiale. Pour sauver sa vie, le samouraï est contraint d'accepter de livrer en mariage une de ses trois filles. De retour dans son foyer, il explique le pacte à sa femme qui ne l'entend pas de la même oreille et s'enfuit au loin, traînant derrière elle ses deux filles préférées.
Et comme les malheurs n'arrivent pas seuls, le samouraï se voit à nouveau forcé de signer un second pacte avec un esprit maléfique à l'apparence d'une gargouille afin que celle-ci lui confère le pouvoir de défendre les siens face à un ennemi imminent. Investi d'une force diabolique, le samouraï terrasse ses adversaires puis sous l'emprise de l'esprit, livre sa troisième fille au premier monstre, venu la lui réclamer.
De retour sur ses terres désolées, la créature se révèle pourtant d'une gentillesse extrême à l'égard de la jeune fille qui attristée de ne pouvoir lui rendre la pareille, lui explique le pourquoi de sa mélancolie et promet d'épouser le monstre si elle l'aide à exorciser son père. C'est le début d'un périple peuplé d'embûches pour la jeune fille et le monstre. La recherche de l'infortuné samouraï conduira la jeune fille à découvrir les qualités du monstre et à l'aimer.
Mononoke Hime ou la princesse du monstre, s'est vu refusé l'adaptation pour les enfants à la télévision parce que traitant une histoire trop sombre. Des images du story board nous présentent le monstre comme un gros chat, chat dont le sourire, les yeux ronds et l'allure ne sont pas sans rappeler le matou Totoro.
De nombreuses années plus tard, Miyazaki reprend et modifie son projet et signe un des contes les plus poétiques et les dramatiques qu'il m'ait été donné de voir.